Il est des moments, rares et vertigineux, où la diplomatie des sourires forcés et des communiqués aseptisés vole en éclats pour laisser place à la vérité brute. Un instant fugace où le narratif officiel, patiemment tissé par les spin doctors de l’Élysée, est déchiqueté en plein jour. Ce moment, nous venons de le vivre. Il s’est déroulé non pas dans les arcanes feutrés d’un sommet franco-allemand, mais au cœur battant de la démocratie allemande : le Bundestag.
Alors que le palais présidentiel français s’évertue à vendre au monde l’image d’une start-up nation résiliente, championne d’Europe, et leader d’un continent en quête de souveraineté, un coup de tonnerre venu de Berlin a fait trembler les vitres jusqu’aux Champs-Élysées. Ce n’était pas une simple critique politique, une divergence d’opinion habituelle entre partenaires. C’était une sentence de mort diplomatique.
Alice Weidel, figure de proue de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), est montée à la tribune. Avec une froideur clinique, une précision chirurgicale qui caractérise l’efficacité allemande, elle a brisé l’ultime tabou. Devant des députés médusés et une Europe sous le choc, elle a adressé un constat de décès : celui de l’ère Emmanuel Macron, et, pire, celui de la crédibilité française sur la scène internationale. Son réquisitoire n’était pas un murmure d’opposition, mais un hurlement de vérité. Elle ne parlait plus de divergence, mais d’effondrement. Elle ne critiquait pas une politique, elle dénonçait une trahison historique.
