I. Le Réquisitoire Économique : Le Poids des 3200 Milliards
Pour saisir l’ampleur du séisme, il faut plonger au cœur du réquisitoire économique brandi par Weidel. Elle a pointé du doigt ce que la presse subventionnée tente désespérément de masquer : la France d’Emmanuel Macron n’est plus une puissance. Elle est, selon ses termes, un champ de ruines économiques, un navire ivre qui menace d’entraîner toute la zone euro dans les abysses d’une crise systémique.
Les chiffres qu’elle a brandis sont des armes de destruction massive pour la réputation du locataire de l’Élysée. Sous sa gouvernance, la dette publique a explosé, franchissant le seuil psychologique et terrifiant des 3200 milliards d’euros. C’est une spirale infernale. Pour l’illustrer, Weidel a employé une métaphore glaçante : imaginez un instant, chaque bébé qui naît aujourd’hui en France porte déjà sur ses frêles épaules une dette de plus de 47 000 euros. C’est, a-t-elle insisté, un esclavage financier perpétuel, une hypothèque sur l’avenir de plusieurs générations contractée sans leur consentement.
La France, autrefois modèle de rigueur budgétaire et de planification, est devenue le cancre absolu de l’Europe. Weidel a rappelé que le déficit public français flirte dangereusement avec les 6 %, une béquille bien loin des critères que Macron, le grand européen, prétendait défendre. Alors que les Français sont appelés à se « serrer la ceinture » au quotidien, l’État flambe, brûlant la richesse nationale dans un « quoi qu’il en coûte » qui s’est, de fait, transformé en un « quoi qu’il en coûte à votre avenir ». Pour l’Allemagne, gardienne jalouse de l’orthodoxie budgétaire, la France est désormais l’homme malade de l’Europe, et sa contagion est la peur existentielle qui hante désormais Berlin.
II. Le Miroir Brisé : Libanisation et Insécurité Sanglante
Mais l’attaque de Berlin ne s’est pas arrêtée aux seuls livres de comptes. Ce qui glace le sang et résonne le plus douloureusement en France, c’est la description apocalyptique que Weidel fait de la société française elle-même. Elle ne voit plus une nation unie, mais une République en proie à une libanisation avancée.
Selon son analyse, la France est profondément fracturée par une immigration qu’elle juge incontrôlée et par une insécurité qui n’est plus un simple « sentiment », mais une réalité sanglante. Pour appuyer son propos, Alice Weidel a jeté à la figure du gouvernement français les images des émeutes de l’été 2023. Ces nuits de feu où des symboles de la République – mairies, écoles, commissariats – ont été incendiés, où l’autorité de l’État s’est évaporée face à la violence des gangs et à la loi du plus fort.
Pour la droite conservatrice et souverainiste allemande, la France n’est plus un partenaire fiable. C’est une zone de danger, un avertissement vivant de ce qui pourrait arriver à l’Allemagne si elle ne fermait pas ses frontières. L’accusation portée contre le président français est terrible : il est coupable de non-assistance à nation en danger, ayant laissé des territoires entiers de la République échapper aux lois de la République pour tomber sous un contrôle parallèle. L’image d’une France délitée, où l’ordre a cédé la place au chaos, est désormais la lecture dominante à Berlin.
