L’enceinte de l’Assemblée nationale, habituellement le théâtre de débats structurés, s’est transformée cette semaine en une véritable arène de combat verbal. Au cœur de cette tempête : Louis Boyard. Le jeune député de La France Insoumise (LFI), connu pour sa fougue et son style sans concession, a littéralement fait exploser le baromètre de tension lors d’une séance consacrée au budget de la sécurité sociale. Ce qui devait être une discussion technique a viré au règlement de comptes politique et personnel, mettant à rude épreuve les nerfs des élus et la patience de la présidence de séance.
Dès les premières secondes de son intervention, Louis Boyard a affiché une détermination farouche. S’adressant directement aux bancs du gouvernement et du Rassemblement National (RN), il a lancé une charge héroïque — ou provocatrice, selon le point de vue — sur la situation sociale des Français. “Nous rêvons de vous mettre au chômage ou à la retraite”, a-t-il martelé, fustigeant les politiques de taxation qui frappent, selon lui, les plus précaires. Avec des chiffres précis, il a dépeint la détresse des retraités vivant avec un peu plus de 1 000 euros par mois, contraints de subir de nouvelles ponctions fiscales. Pour le député insoumis, chaque euro prélevé est une “douleur” supplémentaire pour ceux qui ont déjà payé leur loyer, leurs factures et leurs courses.
C’est lorsque Louis Boyard a tourné son regard vers les bancs de l’extrême droite que la situation a véritablement dérapé. Accusant le Rassemblement National de duplicité, il a pointé du doigt l’absence de “contre-budget” sérieux de la part du parti de Marine Le Pen. Selon Boyard, le RN “parle beaucoup” mais agit peu, omettant même de mentionner le mot “hôpitaux” dans ses propositions budgétaires. “Vous n’avez pas de programme !”, a-t-il hurlé sous les huées d’une droite nationale outrée par tant d’agressivité.
La mèche a définitivement été allumée lorsque Boyard a évoqué Marine Le Pen en utilisant une terminologie jugée insultante par ses adversaires. En mentionnant “la mère Le Pen” et en faisant allusion aux déboires judiciaires de la chef de file du RN, il a provoqué une levée de boucliers immédiate. Jean-Philippe Tanguy, figure montante du RN, a bondi pour dénoncer ce qu’il a qualifié d’insulte “totalement misogyne”. Pour Tanguy, le traitement réservé à sa présidente de groupe ne serait jamais toléré s’il visait une autre femme de l’hémicycle. “Faut prendre ses responsabilités, ça suffit maintenant !”, a-t-il rétorqué, exigeant une intervention ferme de la présidence.
