CHARLOTTE D’ORNELLAS DÉTRUIT OMAR SY SUR SES PROPOS ANTI-FRANCE : UNE FRANCE QUI S’ÉVEILLE.

La Géométrie Variable de l’Indignation

L’une des critiques les plus cinglantes adressées à Omar Sy concerne sa capacité à s’engager de manière sélective. L’acteur explique se borner à réagir lorsque “quelque chose le touche,” citant les affaires George Floyd et, plus récemment, Nahel, décédé lors d’un contrôle policier. Charlotte d’Ornellas y voit une prise de position clairement politique, non pas partisane, mais une décision délibérée d’intervenir sur certains drames et pas sur d’autres.

Cette “géométrie variable” de l’indignation se trouve parfaitement illustrée par la réaction contrastée d’associations subventionnées par l’argent public, comme SOS Racisme. L’association s’est mobilisée en masse, appelant à des rassemblements à Paris pour la mémoire de George Floyd en 2020 et publiant une tribune de soutien à la famille de Nahel en 2023, exigeant que ce drame “ne soit pas rabattu vers le récit d’un cas isolé”.

Pourtant, lorsque les proches de Thomas, assassiné avec une potentielle motivation raciste, ont imploré une prise en considération de ce mobile, l’association a fait vœu de silence. Pire, Dominique Sopo, le président de SOS Racisme, avait qualifié la mort de Thomas de “simple fait divers”. Omar Sy, en s’alignant implicitement sur cette ligne de fracture, conforte une critique qui n’est pas celle de la haine, mais celle de l’injustice et du deux poids, deux mesures.

Les Contradictions du “Citoyen du Monde”

L’identité d’Omar Sy est un point central de son récit, mais elle est aussi la source de profondes incohérences relevées par D’Ornellas. L’acteur, élevé à Trappes, français, mais décrit par L’Obs comme un “citoyen du monde,” révèle que ses parents sont sénégalais et, fait particulièrement notoire, que ses enfants sont Américains. Au moment d’inscrire sa propre progéniture dans une filiation historique et culturelle, il choisit les États-Unis plutôt que la France ou le Sénégal. Cette démarche pose la question de la sincérité de son attachement au pays qu’il critique.

Plus troublant encore, l’acteur se confie sur l’histoire de sa famille, expliquant que son père, arrivé en France, était initialement marié à une femme n’ayant pu avoir d’enfants et qu’il a donc pris une deuxième femme sous son toit. Son père était donc polygame. La journaliste s’empresse de rappeler la loi française : la polygamie est strictement interdite par le Code civil (article 143 et 212) et rend la naturalisation ou le regroupement familial impossible par la loi Pasqua de 1993, affirmant ainsi les valeurs de monogamie de la République. Le fait qu’une telle violation fondamentale d’un principe républicain soit exposée sans réaction ni commentaire dans l’interview pose un sérieux problème de validation des valeurs françaises.

La contradiction atteint son paroxysme lorsque Omar Sy évoque ce que ses parents lui ont transmis : de son père, “le respect du clan” (ceux qui nous précèdent) ; de sa mère, “le respect de l’enfant intérieur”. D’Ornellas y décèle une ironie mordante : le “respect de ceux qui nous précèdent” est précisément ce que prônent les Français qualifiés de “haineux” et de “racistes” par l’acteur, lorsqu’ils défendent leur “culture, savoir-faire et art de vivre”. L’acteur semble ne louer le respect de la tradition que lorsqu’elle est africaine, mais rejeter et stigmatiser ce même respect lorsqu’il est français.