Comment bien taxer les ultra-riches ? Le face-à-face intégral entre Zucman et Aghion

Repères :

– La proposition : Un impôt plancher de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros. Environ 1 800 foyers fiscaux français seraient concernés, selon son architecte Gabriel Zucman. La mesure pourrait rapporter près de 20 milliards d’euros par an au budget de l’État.

– Le risque pour la tech : Les fondateurs de start-up disposent rarement de liquidités. Leur patrimoine repose sur des parts dont la valorisation, même de plusieurs milliards d’euros, reste théorique, jusqu’à la revente de ces actions. Gabriel Zucman leur propose de payer « en nature » l’impôt, en cédant des actions à l’État. Mais cela pourrait les contraindre à une vente forcée, entraînant dilution, perte de contrôle et ouverture du capital à des intérêts étrangers.

– Le contexte politique : La « taxe Zucman » a été votée une première fois à l’Assemblée nationale en février 2025, avant d’être retoquée au Sénat. Défendue par la gauche, et notamment le Parti socialiste, la mesure revient dans l’actualité alors que le nouveau gouvernement cherche des économies et doit donner des gages au PS pour éviter une motion de censure immédiate.

Frédéric Mazzella : Votre proposition de taxer les grandes fortunes en imposant leur patrimoine professionnel fait couler beaucoup d’encre. Quels pourraient être les effets macro-économiques d’une telle taxe sur l’investissement, l’innovation et la croissance ?