En 2023, le montant total de l’APD a atteint 250,3 milliards de dollars (212,3 milliards d’euros), un niveau record, la France, l’Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis représentant à eux seuls près de 70 % du total.
Tous ces grands donateurs, à l’exception du Japon, ont réduit leur contribution à l’APD en 2024, une première depuis trois décennies. L’aide internationale globale a reculé pour la première fois en six ans.
Les États-Unis ont été, en 2025, le premier pays à démanteler leur agence pour le développement international (USAID). D’autres pays ont ensuite suivi avec leurs propres réductions.
Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, qui organise tous les deux ans une conférence de reconstitution de ses ressources, a enregistré une forte baisse de ses financements, passant de 15,7 milliards de dollars en 2022 à 11,34 milliards en 2025. Certains donateurs, comme l’Union européenne, n’ont pas encore précisé le montant de leur contribution.
« Des gens vont mourir. Si nous ne rétablissons pas le niveau de financement, des millions de personnes vont mourir, c’est certain », a ajouté Rasella.
Selon lui, le prochain défi consistera à voir comment répartir les fonds qui restent.
L’étude, publiée dans The Lancet, montre qu’entre 2002 et 2021, les programmes d’aide publique au développement ont permis de réduire de 39 % la mortalité infantile, de prévenir 70 % des décès liés au VIH/sida et de diminuer de 56 % les décès dus au paludisme et aux carences nutritionnelles.
Deux scénarios : le mauvais et le pire
L’équipe de recherche a établi deux scénarios distincts pour analyser comment la tendance aux coupes budgétaires pourrait affecter la santé et le développement dans le monde d’ici 2030.
Dans le scénario de désengagement modéré, qui correspond à une réduction de 10,6 % (la moyenne des coupes des deux dernières années), ces baisses pourraient entraîner 9,4 millions de décès évitables, dont 2,5 millions d’enfants de moins de cinq ans.
Dans le second scénario, de désengagement sévère, où les coupes continuent de s’aggraver, elles pourraient provoquer plus de 22,6 millions de décès supplémentaires, dont 5,4 millions d’enfants de moins de cinq ans.
« Au moins trois personnes sur quatre sur la planète vivent dans des pays où deux décennies de progrès du développement pourraient être réduites à néant, où les avancées contre les maladies disparaissent et où des pertes de vies humaines évitables pourraient survenir », préviennent les chercheurs.
Les auteurs soulignent que ces projections ne sont pas des prévisions précises de la mortalité en 2030, mais des comparaisons relatives entre différentes trajectoires de financement, destinées à isoler l’impact des variations de l’APD.
