L’Évasion Sémantique sur la Radicalisation
Face à la pression factuelle, l’une des techniques d’Obono fut de s’engager dans une tentative d’esquive sémantique particulièrement visible. Interrogée sur ses précédentes déclarations où elle s’interrogeait sur le « concept de radicalisation », elle a tenté de rectifier le tir en expliquant qu’elle s’interrogeait sur le « processus » de radicalisation.
La nuance est ténue, mais révélatrice. S’interroger sur le concept relève d’une mise en cause de l’idée même de radicalisation comme grille de lecture pertinente de la menace. S’interroger sur le processus revient à se placer dans une démarche de compréhension, une mission qu’elle a rapidement renvoyée aux « agences de renseignement ». L’analyse qui a suivi l’échange a souligné la visibilité à des kilomètres de cette manœuvre. Tenter d’échapper à une critique sur un positionnement idéologique en se réfugiant derrière une technicité langagière est une tactique qui a échoué. Comprendre comment le terrorisme se développe est la mission des services de l’État depuis des années, et l’affirmer comme une grande préoccupation du moment, tout en ayant un passif de remise en cause du cadre conceptuel, a sonné faux et désespérément évasif.
Le Scandale d’Arras : Le Refus de Prendre Position
L’échange a atteint son point de rupture lorsque l’on est passé de la théorie du discours aux faits concrets de l’attentat d’Arras, celui de la famille Mogouchkov. Le cœur de l’interrogation portait sur l’expulsion de cette famille d’origine tchétchène. François Ruffin, un autre membre de la NUPES, avait lui-même suggéré qu’il fallait attendre les conclusions de l’enquête. Mais la question n’était pas de statuer sur le droit, mais d’avoir un positionnement politique.
La députée Obono a multiplié les faux-fuyants. « Je ne sais pas ». « Je n’ai pas ces éléments ». Ce refus obstiné de dire si oui ou non la famille de l’assaillant aurait dû être expulsée contraste de manière flagrante avec son empressement à critiquer les lois sur la laïcité ou l’intervention israélienne. Plus troublant encore, le commentateur du débat a levé le voile sur une information essentielle : la famille Mogouchkov devait être expulsée en 2014. Cette expulsion a été annulée « à la dernière minute » suite à une « tôlée » et à une « mobilisation » de plusieurs associations et de partis d’extrême gauche, dont le Parti Communiste Français, avec un communiqué de soutien.
Ce fait met en lumière une réalité glaçante : le laxisme ou l’interventionnisme de l’extrême gauche, sous couvert d’humanisme ou d’antiracisme, a pu directement contribuer à maintenir sur le territoire français une famille dont un membre allait assassiner un enseignant.

Mis en face de l’évidence que l’un des membres de la famille était « sous surveillance » et que l’individu avait été fiché pour ses liens avec son frère condamné pour apologie du terrorisme, Danièle Obono a continué de botter en touche. Elle prétendait n’être au courant de rien concernant la procédure d’expulsion tout en connaissant les fiches des services de renseignement. Ce double discours, cette sélectivité dans la connaissance des dossiers, visait un seul objectif : éviter d’avoir à trancher sur une question qui dérange son électorat et sa base militante. Finalement, elle a conclu que sa « responsabilité est d’entendre les éléments qui seront donnés par le ministère et de contrôler l’action du Gouvernement », se plaçant en observatrice et contrôleuse plutôt qu’en responsable politique capable de juger l’urgence sécuritaire.
