Dans l’arène politique française, certains duels marquent les esprits plus que d’autres par leur intensité et la clarté des visions qui s’y opposent. La confrontation récente entre Florian Philippot, figure de proue des Patriotes, et Emmanuel Macron, alors en charge des dossiers économiques, restera sans doute comme un moment de vérité brute. Sur un plateau de télévision transformé en ring, les deux hommes ont échangé bien plus que des arguments techniques ; ils ont opposé deux conceptions radicalement différentes de la France et de son avenir dans le monde.

D’un côté, Florian Philippot, fidèle à sa ligne souverainiste, a attaqué frontalement ce qu’il qualifie de « passéisme » et d’« immobilisme ». Pour lui, le terme de « réforme » utilisé par le gouvernement est un abus de langage. Il n’hésite pas à rebaptiser les projets de loi nationaux en « lois de Bruxelles », affirmant que le pouvoir actuel ne fait qu’obéir aux injonctions de l’Union européenne. Selon Philippot, cette politique de dérégulation et de privatisation systématique est la cause directe du déclin industriel français. Il pointe du doigt la disparition des fleurons nationaux et l’impuissance volontaire d’un État qui aurait renoncé à protéger ses travailleurs.
La réponse d’Emmanuel Macron ne s’est pas fait attendre, teintée d’une ironie manifeste. Le ministre a balayé les critiques en accusant son interlocuteur de « jouer sur les peurs ». Pour Macron, le programme de Philippot s’apparente à un « grand saut dans l’inconnu », une politique de repli qui mènerait la France à la banqueroute, citant l’exemple de l’Argentine comme un funeste présage de ce que donnerait un protectionnisme non coordonné au niveau européen. Ce choc frontal sur la question de l’euro et des frontières a mis en lumière une fracture idéologique béante : là où l’un voit une prison européenne, l’autre voit le seul espace de survie crédible dans la mondialisation.
