Le débat sur le financement de l’audiovisuel public vient de franchir un nouveau cap d’intensité. Entre les plateaux de BFM TV et l’antenne de CNews, deux figures médiatiques et politiques majeures, Sarah Knafo et Pascal Praud, ont porté des coups sévères à ce qu’ils considèrent comme une anomalie démocratique et financière : le maintien d’un service public audiovisuel coûteux, jugé déconnecté des réalités des Français et soupçonné d’opacité.
Un modèle obsolète face aux urgences réelles
Lors d’une séquence particulièrement tendue sur BFM TV, Sarah Knafo, députée européenne et figure de proue de Reconquête, a d’emblée remis en question la raison d’être même de l’audiovisuel public. Selon elle, l’argument historique des coûts fixes élevés qui justifiait autrefois l’intervention de l’État n’a plus aucune valeur à l’ère numérique. “Aujourd’hui, on crée une chaîne de télévision avec un micro et un ordinateur”, a-t-elle martelé pour souligner le décalage entre le budget colossal de 4 milliards d’euros et la technologie actuelle.
L’élue ne s’est pas contentée d’une critique technique. Elle a placé le débat sur le terrain de la moralité publique et des priorités nationales. Comment justifier de tels investissements médiatiques alors que les services régaliens crient famine ? Sarah Knafo a dressé un portrait noir de la situation française : des commissariats vétustes, des armées manquant de munitions et des policiers contraints de financer leur propre équipement de protection. Dans ce contexte, payer des salaires mirobolants à des stars du petit écran avec “les pauvres moyens qu’il nous reste” lui semble non seulement illégitime, mais profondément injuste pour le contribuable.
La fin d’une mission de service public ?
Face à ses contradicteurs, Sarah Knafo a assumé une position radicale : l’audiovisuel n’est pas une mission de service public. Pour elle, le véritable service public se trouve dans les hôpitaux et les écoles qui “tombent en ruine”. Elle a balayé l’idée que seule la télévision d’État pourrait assurer l’information ou l’éducation, rappelant que les chaînes privées sont déjà soumises à des cahiers des charges stricts contrôlés par l’État.
Sa proposition est claire : privatiser pour économiser et responsabiliser. En passant au privé, ces chaînes ne pèseraient plus sur l’impôt, devraient séduire leur audience pour survivre et finiraient même par rapporter de l’argent à l’État via l’impôt sur les sociétés. Une logique de rentabilité qui, selon elle, mettrait fin à ce qu’elle qualifie de “propagande de gauche” financée par tous les Français.
