La Tolérance Zéro et la Dissolution de Tous les Extrémismes
Face à l’insistance de la question sur la seule ultra-droite — « Que comptez-vous faire pour ces groupuscules qui sont partisans de l’extrême droite ? » —, Jordan Bardella a adopté une position de “tolérance zéro”, mais en l’appliquant de manière égale à tout l’échiquier politique.
Après avoir rappelé qu’il était lui-même victime de la violence politique, notamment de « groupuscules d’extrême gauche » qui le considèrent comme une cible légitime, et qu’il vit sous protection policière suite à deux agressions en une semaine, il a balayé toute forme de complaisance envers la violence d’où qu’elle vienne. Il a rappelé le cadre juridique de la protection policière en France, une mesure accordée au cas par cas après évaluation de la menace par le ministère de l’Intérieur, soulignant que cette protection renforcée pour les parlementaires n’est pas un droit automatique, mais la reconnaissance d’un risque réel.
Fort de son expérience personnelle et des chiffres de la DGSI, il a déclaré avec une fermeté sans équivoque : « Je n’ai aucune forme de tolérance pour la violence politique qu’elle vienne de l’ultra-droite ou de l’ultra-gauche. » Et d’ajouter, transformant la question en promesse : « Si demain les Français m’accordent leur confiance à la tête d’un gouvernement, je prononcerai dès mon élection la dissolution de tous les groupuscules, d’ultra-gauche et d’ultra-droite ». C’est une promesse politique qui désamorce l’accusation d’être le parrain des mouvances extrémistes en promettant de les combattre de manière indiscriminée.
Le Coup de Grâce : Le Rappel à l’Ordre sur la Diffamation
Le point culminant de cette confrontation fut atteint lorsque l’étudiante, dans une tentative de porter le coup de grâce, a imputé la responsabilité morale et politique d’actes criminels au parti de Jordan Bardella. Elle a cité les agresseurs de Lola et d’Aboubacar Fofana, demandant de manière accusatrice : « Ce n’est pas de mon parti, ce n’est pas de ma famille politique que sont issus les agresseurs de Lola…», faisant ainsi un lien direct entre ces crimes et le Rassemblement National.
La réponse de M. Bardella et l’analyse juridique qui a suivi fut un avertissement d’une gravité exceptionnelle. Il a rappelé que les informations judiciaires disponibles, notamment celles du parquet, indiquaient que l’auteur du meurtre de Lola était un individu agissant « à titre strictement personnel, sans revendication politique, rattaché à un parti, sans adhésion connue au Rassemblement national ».
L’éditeur a ensuite dû intervenir pour souligner l’énormité du risque pris par l’étudiante, une juriste de formation. Imputer la responsabilité morale ou politique d’un meurtre à un corps constitué, tel qu’un parti politique (protégé tout comme son président), est défini par la loi comme une « allégation ou l’imputation d’un fait précis portant atteinte à l’honneur ou à la considération ». L’article 29 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse régit strictement cette matière. L’imputation d’un meurtre constitue une « imputation factuelle grave qui est susceptible de poursuite pénale et civile ».
En direct à la télévision, l’étudiante s’est ainsi exposée à être poursuivie pour diffamation. Elle aurait l’obligation de prouver la vérité des faits (l’exception de vérité), ce qui exige des preuves « solides et vérifiables », ou d’invoquer la bonne foi, laquelle repose sur quatre critères cumulatifs : un but légitime d’information, l’absence d’animosité personnelle, la prudence dans l’expression et, surtout, le sérieux de l’enquête. En formulant son accusation comme une affirmation — « il est né de votre parti » — et non comme une interrogation prudente, l’acte est qualifié de diffamatoire, mettant en péril non seulement sa crédibilité, mais aussi sa situation légale. Ce rappel à l’ordre judiciaire a constitué le « coup de massue » qui a définitivement fait basculer la confrontation.
