Le Prix de la Liberté et la Marque de la Bête
Pour le Général Coustou, cette mesure disciplinaire est un acte de vengeance. Il la qualifie sans hésitation de décision « politique ». Il révèle qu’il avait d’ailleurs prédit la sanction et qu’il l’a reçue non pas comme une punition, mais comme une décoration. « Si elle arrivait, ce serait pour moi une deuxième Légion d’honneur parce que sanctionné par ces gens-là, ça fait ni chaud ni froid ». Il va même jusqu’à évoquer, avec son confrère également sanctionné, le Général Paul Pizari, la possibilité de créer un « club des radiés ». Un geste de défi qui souligne le ridicule et le grotesque d’un pouvoir qu’il juge « aux abois ».
Cette radiation, loin d’être un cas isolé, s’inscrit dans une chronologie de résistance. Le général Coustou avait déjà pris position en 2018 contre la signature du pacte de Marrakech sur l’immigration et fut l’un des 61 signataires de la célèbre « Tribune des généraux » en 2021. À l’époque, le constat était celui du « délitement de la société ». Aujourd’hui, il va plus loin : « Ce n’est plus du délitement de la France que nous pouvons constater. C’est la destruction de la France. »
L’Accusation qui Scelle le Sort
La vérité de cette sanction, selon le général, se trouve dans le contexte judiciaire. Ses paroles violentes, datées de mars et mai, ne sont pas le seul motif. Il a en effet déposé plainte contre trois ministres de l’époque — Gabriel Attal (Premier ministre), Sébastien Lecornu (Ministre des Armées) et Catherine Colonna ou Stéphane Séjourné (Affaires étrangères) — pour « violation de l’article 413 du code pénal ». Cet article interdit de fournir des moyens militaires à une puissance étrangère en les prélevant « sur notre propre armée ».
Le timing est, selon lui, trop troublant pour être le fruit du hasard : « Je suis convoqué tout à fait en fin d’année, bizarrement comme mon camarade Pizari, juste après que nous ayons porté plainte contre le ministre. Juste une coïncidence. » L’intervention disciplinaire serait donc une réponse directe, une tentative de bâillonner un homme qui ose remettre en cause la légalité même de certaines décisions gouvernementales.
