Les volcans d’Auvergne pourraient-ils se réveiller un jour ?

Seulement voilà, le puy de Dôme, avec ses 11 000 ans d’inactivité, a l’air de tout sauf d’un volcan “bien éteint“. “Depuis la fin 2024, une soixantaine de microséismes profonds ont été détectés sous le puy de Dôme. Ces tremblements imperceptibles en surface prennent naissance à environ 35-40 kilomètres de profondeur, explique Samir El Bakkali. C’est-à-dire à la jonction entre la croûte terrestre et le manteau supérieur. Ces séismes de longue durée présentent un lien avec la présence d’un liquide qu’on appelle le magma“.

Un scénario plausible

L’exemple récent du volcan Hayli Gubbi, en Éthiopie, vient étayer cette thèse. En novembre dernier, ce volcan est brutalement entré en éruption après 12 000 ans de silence. “On croyait que c’était fini et qu’il était éteint. Mais le magma est remonté à la surface“, rappelle Samir El Bakkali.

Mais le volcanologue apporte une précision de taille : “Les volcans d’Auvergne appartiennent à la catégorie des volcans monogéniques : normalement, ces édifices naissent d’une seule phase éruptive puis s’éteignent définitivement”. Il reprend : “Enfin, normalement. Je dis normalement parce que la volcanologie n’est pas une science exacte”. Et l’Éthiopie vient de le prouver : après 12 000 ans, un volcan peut se réveiller. “Donc on n’a pas encore le droit de dire que c’est fini. Il faut garder en mémoire ce qu’il s’est passé il y a quelques milliers d’années”, insiste Samir El Bakkali.

Il poursuit : “Si une éruption devait se produire dans le Massif central, elle concernerait probablement un magma fluide et se situerait quelque part entre le lac Pavin et le puy de Dôme. Les 80 volcans de la chaîne des Puys étant tous monogéniques, ce serait un nouvel édifice qui naîtrait dans cette zone aujourd’hui densément peuplée”.