Le paysage politique français est une nouvelle fois secoué par une onde de choc dont l’épicentre se trouve à l’extrême gauche de l’hémicycle. Louis Boyard, député de La France Insoumise (LFI), est aujourd’hui la cible d’une virulente polémique après avoir publié un tweet mettant sur un pied d’égalité la situation des femmes en France et celle des femmes en Iran. Cette comparaison, jugée par beaucoup comme « imbécile et dangereuse », a déclenché un véritable incendie sur les plateaux de télévision, notamment sur RMC, où les chroniqueurs n’ont pas mâché leurs mots pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une dérive idéologique grave.
Une comparaison qui ne passe pas
Tout commence par une publication sur les réseaux sociaux. Louis Boyard y affirme qu’il n’y a « aucune différence » entre un Éric Zemmour qui souhaiterait interdire le voile en France et les dirigeants iraniens qui l’imposent par la force. Pour le jeune député, les deux seraient des « ennemis de la liberté des femmes ».
Pourtant, cette rhétorique occulte une réalité fondamentale : la différence entre une démocratie où le port d’un vêtement peut être un choix (bien que parfois sous pression sociale) et une théocratie où le refus de ce même vêtement conduit à la prison, à la torture ou à la mort. Sur le plateau de RMC, l’indignation est palpable. Une chroniqueuse, témoignant de son propre passé, raconte comment elle s’est forcée à porter le voile entre 2003 et 2010 sous la pression psychologique et physique d’un mari violent. Son constat est sans appel : minimiser l’oppression institutionnalisée en Iran en la comparant aux débats français est une insulte aux femmes qui luttent pour leur vie.
L’ombre de l’obscurantisme et le soutien aux radicaux
Au-delà de la maladresse de communication, c’est le fond de la pensée de Louis Boyard qui est interrogé. Le terme d’« obscurantisme » a été lâché. Selon le Larousse, il s’agit de l’opposition à la diffusion de l’instruction et de la raison. En plaçant le combat des Iraniennes au même niveau que les revendications vestimentaires de certains groupes en France, Boyard est accusé de devenir un « soutien des islamistes ».
L’analyse s’affine lorsque l’on observe les récentes décisions gouvernementales. Gérald Darmanin a ordonné l’interdiction des manifestations pro-palestiniennes pour éviter tout soutien public au Hamas, une organisation dont les méthodes terroristes ne sont plus à prouver. Le lien est fait : l’oppression ne prend pas toujours la forme d’une loi ; elle peut être psychologique, communautaire ou portée par des groupes radicaux. En refusant de condamner clairement ces dérives au nom d’un prétendu progressisme, une partie de la gauche semble s’égarer dans un relativisme qui inquiète jusque dans les rangs des musulmans modérés.
