Le Coup de Poignard du Veto et la Trahison de l’Unanimité
Comme s’il cherchait l’escalade à tout prix, Emmanuel Macron a poussé pour abolir le principe d’unanimité au sein de l’UE. Cet effort, loin d’être une réforme technique mineure, est perçu comme une attaque en règle contre l’équilibre même de l’Union. C’est un véritable coup de poignard dans le dos des petits pays qui comptent sur ce mécanisme pour se faire entendre et protéger leurs intérêts nationaux face aux mastodontes comme la France ou l’Allemagne.
Victor Orbán, sans surprise, appelle cela une « trahison pure et simple, un sabotage des fondations européennes ». La confiance est brisée. Et pour que l’humiliation soit totale, Orbán ne s’est pas contenté de défendre sa souveraineté ; il a activement saboté les plans de grandeur de l’Élysée.
Macron nourrissait des ambitions « pharaoniques », un plan d’investissement de plus d’un million d’euros, sorte de Plan Marshall 2.0 destiné à faire de la France le moteur économique de l’Europe. Ce plan reposait sur des investissements massifs dans les infrastructures et l’armée, financés par une nouvelle vague de dettes colossales. C’était l’occasion rêvée de redorer le blason français, d’incarner un leadership incontestable. Mais Orbán est arrivé et, d’un simple mot – NON – prononcé via un veto implacable, il a réduit tout ce château de cartes en poussière.
La raison du blocage, selon le Premier ministre hongrois, est à la fois simple, brillante, et dévastatrice : ce plan n’était qu’une « illusion gonflée à l’hélium », un amas de « promesses vides ». Les économistes lucides l’avaient averti : cet argent n’aurait fait que s’engloutir dans le marécage bureaucratique de l’UE, sans s’attaquer aux vrais problèmes structurels français comme l’éducation défaillante, le manque d’innovation ou la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.
L’ironie, amère, réside dans l’hypocrisie dévoilée : la France, qui a passé des années à sermonner des pays comme la Grèce sur la discipline budgétaire, cherchait désormais à assouplir les règles européennes pour s’endetter elle-même sans le moindre frein. Le veto d’Orbán n’était donc pas un simple coup politique, mais une déclaration ferme mettant fin à la « double morale » et à la condescendance de Bruxelles qui traite les pays de l’Est comme des élèves indisciplinés. La Hongrie refuse désormais d’être infantilisée.
Le Risque d’Embrasement Mondial : L’Accusation de Va-t-en-Guerre
Le désaccord économique, aussi profond soit-il, est éclipsé par la divergence radicale sur la politique russe et la guerre en Ukraine, où Macron encaisse les coups les plus durs. Victor Orbán a ouvertement accusé le président français de prolonger et d’intensifier le conflit avec sa ligne intransigeante.
« Je suis prêt à aider le président français si je le peux pour créer la paix, mais il est pour la guerre, et ça vaut pour toute l’UE », a déclaré le Premier ministre hongrois.
En pointant du doigt le soutien militaire massif de la France à l’Ukraine – des milliards d’euros en armes, formation et renseignement – Orbán juge cette politique « hautement dangereuse », porteuse de risques d’escalade incontrôlables, voire d’un troisième conflit mondial. Il avertit solennellement que « le temps joue plus en faveur des Russes que de nous. Chaque jour de plus creuse notre tombe stratégique ». Pour lui, la France porte une « responsabilité centrale » et doit se ranger « immédiatement du côté de la paix », faute de quoi la guerre se prolongera avec tous les risques que cela implique.
Ce réquisitoire est d’autant plus humiliant qu’Orbán a profité de l’occasion pour ériger en modèle l’ancienne chancelière allemande, Angela Merkel. Il l’a récemment reçue avec tous les honneurs, déclarant qu’il était d’accord avec elle à « presque 100 % » sur la politique russe. Orbán est même allé jusqu’à affirmer que si Merkel avait été chancelière lors de l’attaque russe, elle aurait « appelé Poutine immédiatement et lancé un dialogue constructif, évitant l’escalade ». Ce contraste brutal relègue Macron au rang de va-t-en-guerre irresponsable, une critique acerbe qui pique au vif même un politicien aussi endurci que lui.
