Pendant un an, la Commission a travaillé sans relâche pour faire avancer le dossier, franchissant chaque obstacle afin de parvenir à un accord technique et politique. La cheffe de l’exécutif européen est restée inflexible face à l’opposition de Paris, alors que, par le passé, cette dernière suffisait à faire reculer Bruxelles.
L’ancien président de la Commission, Jean-Claude Juncker, aimait dire : “La France… c’est la France !”, soulignant l’habitude du pays d’obtenir ce qu’il voulait sous l’égide de l’UE. Cette époque semble désormais révolue.
Von der Leyen profite de la faiblesse de Macron
La décision choc d’Emmanuel Macron de dissoudre l’Assemblée nationale en juin 2024 a surpris ses partenaires européens et bouleversé l’équilibre à Bruxelles. Ursula von der Leyen, désormais à la tête de l’exécutif européen pour un second mandat, a profité de cette situation pour marginaliser le président français, malgré le rôle clé qu’il avait joué dans sa nomination en 2019.
Trois mois seulement après la dissolution, elle a utilisé l’affaiblissement de Macron pour évincer Thierry Breton, un commissaire français jugé trop puissant.
Breton avait été l’architecte de deux lois européennes majeures sur le numérique – la loi sur les marchés numériques et la loi sur les services numériques – et un ardent défenseur des intérêts français à Bruxelles. Sa voix critique, souvent en désaccord avec von der Leyen, était rare dans le collège des commissaires.
Malgré tout, Macron a accepté de le remplacer par l’un de ses plus proches alliés, Stéphane Séjourné, ancien chef de file des libéraux Renew au Parlement européen et ministre français des Affaires étrangères de janvier à septembre 2024.
