Macron et le « Narcissisme » du Pouvoir
Le philosophe n’a pas non plus épargné la figure du chef de l’État. En évoquant la vidéo d’Emmanuel Macron lors d’un sommet sur l’intelligence artificielle — où le président s’amusait de ses propres cheveux retouchés par l’IA — Onfray a dénoncé un comportement « narcissique et égotiste ». Pour lui, cette mise en scène décrédibilise la fonction présidentielle à un moment où la France aurait besoin d’un chef capable de dénoncer les dangers réels de la technologie plutôt que de se mettre en scène « avec des bigoudis ».
Plus grave encore, Michel Onfray remet en question la légitimité même d’un président qu’il estime « élu par défaut » et incapable d’écouter la nation. Il prône un retour aux sources de la souveraineté populaire, citant le général de Gaulle comme le dernier chef d’État ayant eu le courage de tirer les conséquences d’un désaveu populaire.
Diplomatie de l’impuissance : De l’Algérie aux États-Unis
Le débat s’est ensuite déplacé sur le terrain international, où le constat d’Onfray est sans appel : la France ne pèse plus. Il a notamment évoqué le cas de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, actuellement emprisonné en Algérie. Pour le philosophe, Sansal est un « otage » d’une dictature, et l’impuissance de la diplomatie française à obtenir sa libération est le signe d’un déclin de notre influence.
Face à des dirigeants comme Donald Trump, Vladimir Poutine ou Recep Tayyip Erdoğan, qu’il qualifie de « fauves » faisant de la politique réelle, Onfray estime que la France et l’Europe se contentent de « faire les kékés » sans avoir les moyens de leur puissance.
« La diplomatie, ce n’est pas prendre les caméras du monde entier à témoin pour dire ce qu’on va faire si on ne nous retient pas, alors qu’en fait, on n’a pas les moyens d’agir », a-t-il lancé avec ironie.
