Philippe de Villiers sur la vidéo de l’Élysée qui l’attaque : “Macron est sorti de ses fonctions”

Le Lynchage du Succès : L’Anti-Modèle Bernard Arnault

Le même esprit de négation s’incarne, selon De Villiers, dans le traitement réservé aux grands entrepreneurs français, citant nommément Bernard Arnault, récemment ciblé par une émission d’investigation. Qualifiant les journalistes en question de « policiers journalistes » pratiquant un travail « totalement bidon », il y voit l’illustration parfaite du « lynchage de tout ce qui marche, le lynchage de tout ce qui réussit. »

Tổng thống Pháp Emmanuel Macron phớt lờ yêu cầu từ chức | Báo điện tử Tiền  Phong

L’objectif, martèle-t-il, est de « détruire tout ce qui s’apparente à un modèle » pour ériger l’« anti-héros ». Bernard Arnault, premier contributeur fiscal de France et créateur de milliers d’emplois, est pour De Villiers un « grand capitaine d’industrie » qui a pris des risques considérables. L’homme politique rappelle une anecdote personnelle où Arnault, à sa demande, a investi en Vendée pour sauver des savoir-faire traditionnels (textile, cuir, chaussure) menacés par la mondialisation, créant ainsi 900 emplois.

Arnault est présenté comme le sauveur de 280 savoir-faire français et un grand donateur (200 millions d’euros pour Notre-Dame de Paris). La démolition de ces figures de réussite et de générosité, selon De Villiers, participe à l’éclipse des « valeurs françaises » et du « Bien Commun ». Il propose même, en réaction à ce qu’il appelle l’« entreprise de démolition » du service public, de créer une émission nommée « Complément de modèle ».

La Vindicte de l’Élysée et le « Geek » Présidentiel

C’est sur le terrain de la liberté d’expression que la critique de Philippe de Villiers atteint son paroxysme. L’Élysée lui ayant répondu sur les réseaux sociaux suite à ses précédentes déclarations, il en tire la preuve d’une fébrilité et d’un manquement à la hauteur de la fonction.

Il dénonce deux fautes présidentielles. La première est la « jactance » ou le « bavardage numérique », un manquement à l’« Impératoria Brevitas », cette « brièveté impériale » qui devrait caractériser le chef d’État, qui doit rester « laconique, mystérieux. » La seconde est la « vindicte », transformant le président en un « Ludion » qui se mue en « tireur d’élite sniper » visant des médias spécifiques comme CNews.

Pour De Villiers, l’image du président en « geek » dont le « doigt est le même doigt qui peut appuyer sur le bouton nucléaire » révèle une fébrilité dangereuse. Mais l’enjeu dépasse la simple querelle médiatique. Il s’agit du projet de labellisation des médias défendu par Emmanuel Macron (via la Journalism Trust Initiative et Reporters sans frontières), qui vise à distinguer les « bons médias » des « moins bons » ou des « dignes de confiance » des autres.