L’agro-alimentaire et le textile s’enfoncent
L’agro-alimentaire, “jusque-là plutôt épargné, entre dans cette liste des secteurs en difficulté”, souligne Emmanuel Duteil. Avec 16 usines menacées ou fermées sur le territoire, il est même en tête des filières en berne. Les entreprises font face à la hausse des prix de l’énergie et des matières premières, mais ne peuvent pas forcément répercuter ces coûts, en raison de la guerre des prix dans la grande distribution, qui vise à atténuer les effets de l’inflation pour le consommateur.
La chimie et l’automobile font aussi partie des secteurs les plus touchés. De très nombreux équipementiers et sous-traitants automobiles sont en difficulté sur tout le territoire. Le secteur de la fabrication de matériaux de construction subit des difficultés importantes, en lien avec la crise du bâtiment. La métallurgie, qui fournit à la fois le secteur automobile et le bâtiment, souffre également. L’acier et l’aluminium sont particulièrement touchés par la concurrence chinoise. Malgré l’annonce d’un investissement à 1,3 milliard d’euros pour son four électrique à Dunkerque, ArcelorMittal va supprimer 608 postes sur six sites de France, dont 84 à Dunkerque (Nord) et 78 à Florange (Moselle). Et l’aciériste Novasco va fermer deux sites dans l’Est, à Hagondange (Moselle) et Custines (Meurthe-et-Moselle) en plus de Saint-Étienne (Loire).
Le secteur du textile s’enfonce également dans la crise. Les rares sites de production restant en France sont en grande difficulté. La production des chaussures Clergerie a pris fin à Romans-sur-Isère (Drôme), les filatures de lin Safilin ont fermé à Béthune (Pas-de-Calais), tout comme le fabricant de vêtements de travail TDV textile à Laval (Mayenne).
