Procès de Marine Le Pen : “Une personne seule à le pouvoir de changer une élection présidentielle !”

Le monde politique et judiciaire français est en ébullition. Alors que le procès en appel de Marine Le Pen et des cadres du Rassemblement National (RN) bat son plein, un coup de théâtre vient de redistribuer les cartes. Le parquet général, qui représente l’accusation, a opéré un virage à 180 degrés, remettant en cause la solidité de certains chefs d’accusation qui avaient pourtant conduit à une condamnation sévère en première instance. Derrière les murs du Palais de Justice, ce n’est pas seulement le sort d’une femme qui se joue, mais potentiellement le visage de la prochaine élection présidentielle.

Un revirement qui sème le trouble

L’étonnement est général. Entre la première instance, où Marine Le Pen a été frappée d’une peine de cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, et l’appel actuel, la ligne de l’accusation a bougé. Pour de nombreux observateurs, c’est un aveu : « Le parquet dit au tribunal de première instance : vous avez mal fait votre travail ».

Ce changement de posture est rare, surtout dans une affaire d’une telle envergure médiatique. Il souligne la subjectivité inhérente à l’exercice de la justice. Comme le rappellent certains éditorialistes, les faits sont les mêmes, mais les hommes qui les interprètent changent. Cette fragilité de la décision judiciaire pose une question démocratique fondamentale : une seule personne, en l’occurrence la présidente du tribunal correctionnel, a-t-elle le pouvoir de changer le cours d’une élection présidentielle en écartant la favorite des sondages ?

L’inéligibilité au cœur des débats

Le point de friction majeur reste la peine d’inéligibilité. En première instance, la justice avait assorti cette peine de l’exécution provisoire, une mesure qui empêchait Marine Le Pen de se présenter même en cas de recours. Aujourd’hui, avec la reconnaissance par l’avocat général que certains contrats d’assistants parlementaires ne posent finalement pas de problème au regard du droit, l’espoir renaît dans le camp RN.

Si la peine est réduite à moins de deux ans ou si le caractère obligatoire de l’inéligibilité est levé, Marine Le Pen pourra se présenter en 2027. Pour ses avocats, c’est un soulagement. La défense s’est d’ailleurs recentrée sur des arguments purement juridiques, délaissant la tribune politique pour une bataille de fond sur le périmètre des poursuites.