L’hémicycle de l’Assemblée nationale est souvent le théâtre de joutes verbales passionnées, mais ce à quoi les députés et les observateurs ont assisté récemment dépasse le cadre du simple débat parlementaire. Dans une ambiance de plus en plus délétère autour de l’examen du Projet de Loi de Finances (PLF), le député Tanguy, figure montante du Rassemblement National, a orchestré un recadrage en règle contre une ministre visiblement prise au dépourvu par la virulence et la précision des attaques.
Un théâtre législatif dénoncé
Dès les premières secondes de son intervention, le ton est donné. Pour le député Tanguy, l’attitude du gouvernement et de ses alliés ne relève plus de la politique, mais du spectacle. Il n’a pas hésité à interpeller directement la ministre sur son « talent de comédienne », ironisant lourdement sur ses interventions précédentes. « Votre quart d’heure poétique sur le Jura, vraiment, je me demandais quelle phrase vous alliez ajouter. Il manquait une phrase sur le ski de fond, peut-être une phrase sur le comté pour gagner une minute de plus », a-t-il lancé avec une amertume non dissimulée.
Cette critique acerbe pointe du doigt une stratégie bien connue au Palais Bourbon : l’obstruction par le verbiage. Selon l’opposition, le gouvernement chercherait à noyer le poisson en multipliant les digressions géographiques ou techniques pour ralentir le rythme des débats et éviter d’aborder les sujets qui fâchent. En qualifiant ces méthodes de « cynisme clairement répugnant », Tanguy se fait le porte-voix d’une frustration croissante face à un calendrier parlementaire qui semble glisser inéluctablement vers une impasse.
La Constitution au cœur de la bataille

Au-delà de la forme, le fond de la contestation est constitutionnel. Le député a accusé la majorité de s’organiser « collectivement pour enfreindre la Constitution française », une accusation d’une gravité extrême sous la Ve République. Le cœur du problème réside dans la gestion des amendements. Avec plus de 3 000 amendements déposés, le débat s’enlise. Tanguy souligne que seul le Rassemblement National, en tant que premier groupe et premier parti d’opposition, respecte une jauge « correcte » et légitime pour s’opposer au budget.
Pour lui, le rythme actuel — qu’il compare à une vitesse maximum de 20 à 30 km/h — est une insulte au travail législatif. À ce train-là, les discussions pourraient s’étirer jusqu’à la mi-décembre, une situation intenable pour le pays. L’accusation est claire : le gouvernement joue la montre pour éviter de subir des revers de vote sur des articles cruciaux, préférant l’essoufflement à la confrontation démocratique directe.
