“Sarkozy est dans les cordes” : Les révélations fracassantes d’Edwy Plenel sur les liaisons dangereuses entre l’Élysée et la Libye

C’est un moment de télévision qui est resté gravé dans les annales du journalisme d’investigation français. Face à Patrick Simonin sur le plateau de l’émission “L’Invité” sur TV5 Monde, Edwy Plenel, l’emblématique fondateur de Mediapart, n’a pas utilisé de pincettes. Avec le calme olympien et la rigueur chirurgicale qu’on lui connaît, il a dressé un portrait accablant de la situation judiciaire de Nicolas Sarkozy. Pour Plenel, le constat est sans appel : l’ancien président de la République n’est pas la victime d’une cabale médiatique, il est un homme acculé par la réalité des dossiers.

Le mythe de la machination face à la réalité des chiffres

Depuis des années, la défense de Nicolas Sarkozy repose sur un pilier central : l’idée d’un complot orchestré par Mediapart et ses “comparses”. Pourtant, comme le rappelle Edwy Plenel, le problème de l’ancien chef d’État ne s’appelle pas Plenel, il s’appelle la Justice. Renvoyé devant les tribunaux pour financement illicite de campagne électorale dans l’affaire Bygmalion, mis en examen pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire “Bismuth”, et surtout, au cœur du volcan libyen, l’ancien président fait face à une triple menace judiciaire sans précédent sous la Ve République.

“Monsieur Sarkozy a été mis dans les cordes par les juges”, martèle Plenel. Ce n’est pas une interprétation politique, mais une lecture factuelle des auditions. Lors de ses interrogatoires, le “président qui s’occupait de tout” se serait transformé en un homme qui “ne savait rien”, se défaussant sur ses plus proches collaborateurs comme Claude Guéant ou Brice Hortefeux. Une stratégie de défense qui peine à convaincre face à la traçabilité de l’argent et aux témoignages accablants.

L’ombre de Kadhafi : Un financement au prix du sang ?

L’affaire la plus grave, celle que Plenel qualifie de “pendable”, est sans conteste le financement présumé de la campagne présidentielle de 2007 par le régime de Mouammar Kadhafi. On ne parle pas ici d’une simple irrégularité comptable, mais d’une atteinte profonde à la souveraineté nationale. Si une puissance étrangère, qui plus est une dictature pétrolière, finance l’élection d’un président français, c’est toute la démocratie qui est corrompue à sa racine.

Plenel rappelle avec ironie les propos de Sarkozy qualifiant ses accusateurs d’”assassins” : “Ce n’est pas moi qui ai planté la tente de Monsieur Kadhafi dans les jardins de la République en 2007.” Les preuves documentaires exhumées par Mediapart montrent un réseau complexe d’intermédiaires, comme Ziad Takieddine, organisant des voyages discrets à Tripoli pour les lieutenants de Sarkozy. Ces tête-à-tête avec les services secrets libyens, loin des regards diplomatiques officiels, posent une question éthique et sécuritaire majeure.