C’est dans le chaos, quand plus personne n’a la tête froide, que l’on voit les hommes qui sortent du lot. Dimanche soir, dans les minutes fiévreuses qui ont suivi le penalty accordé au Maroc dans les arrêts de jeu de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations, Sadio Mané a définitivement acquis son statut de légende du foot africain. Peut-être encore plus que grâce aux deux titres continentaux qui garnissent désormais son immense palmarès.
Alors que son propre sélectionneur Pape Thiaw avait appelé ses joueurs à rentrer aux vestiaires en guise de protestation, le numéro 10 des Lions de la Terenga ne s’est pas exécuté. On l’a vu hésiter, être déchiré entre la tentation de suivre ses partenaires dans le tunnel et la volonté de ne pas abdiquer comme ça. L’ancien de Liverpool et du Bayern Munich sait que ce n’est pas comme ça qu’on se comporte dans une finale.
« J’aurais préféré perdre que de finir ainsi »
Après une brève discussion avec Claude Leroy, le « sorcier » qui connaît toute l’Afrique et qui était présent en tant que consultant pour la télé, Mané s’est alors décidé. Pour de bon. Il a appelé tout le monde à revenir sur le terrain. « Comme des hommes, comme des hommes », a-t-il martelé à destination de ses coéquipiers. Alors les Sénégalais sont revenus. Et ils ont bien fait.
« Honnêtement, je pense que ça aurait été vraiment triste et dommage de voir une finale terminer ainsi, expliquera un peu plus tard le héros de la soirée. C’est impossible de véhiculer une telle image au monde entier. Vous savez, le football africain est actuellement suivi, le football africain s’est développé d’une façon incroyable. J’aurais préféré perdre que de finir ainsi. C’est ce qui m’a poussé de dire aux gars de retourner sur le terrain et de jouer notre football. »
