ans la nuit du 8 au 9 juillet 2021, un jeune homme de 20 ans est mort, percuté par un véhicule sur l’autoroute A27, au niveau de la commune de Sainghin-en-Mélantois, dans le Nord. L’enquête révélera qu’il s’appelait Simon Guermonprez, qu’il était étudiant à la faculté de médecine de Lille, et qu’il revenait de sa première soirée d’intégration. Un bizutage trop arrosé que la famille du jeune homme tient pour responsable du drame qui va être jugé devant le tribunal judiciaire de Lille mardi.
C’est le père de Simon, Daniel, qui raconte le déroulement de cette soirée dramatique. « Elle s’était déroulée dans un petit appartement dont l’adresse avait été tenue secrète. Un lieu non approprié pour 150 étudiants », explique-t-il. Reconnaissant qu’à l’époque, ils ne savaient pas exactement ce que signifiait le mot « bizutage », les parents de Simon avaient néanmoins des appréhensions. « Il nous a dit qu’il devait y aller car il pourrait ne pas recevoir ses cours pendant l’année s’il n’appartenait pas à un des 8 groupes constitués », se souvient Daniel.
« Si tu bois pas, tu rentres pas dans notre groupe »
Il ne reverra jamais son fils vivant. Selon son père, Simon quittera la soirée vers 23h30 et prendra un taxi pour rentrer au domicile familial. Mais au lieu d’aller se coucher, il « repartira vers la campagne puis vers un pont d’autoroute, où il perdra son portable, puis descendra de l’escalier du pont pour le récupérer », explique Daniel Guermonprez. C’est à ce moment qu’il a été heurté mortellement par un poids lourd.
De l’enquête, la famille de Simon va apprendre que les organisateurs de la soirée d’intégration lui avaient assigné l’objectif « d’ingurgiter 12 grosses seringues directement dans sa bouche ». Une quantité faramineuse, surtout pour un jeune homme qui « ne buvait pas d’alcool habituellement ». Malgré la menace – « si tu ne bois pas, tu ne rentres pas dans notre groupe » –, Simon avait dit « stop au bout de la 8e ou 9e dose ».
