Une passion précoce pour la mode
Prénommé Valentino en hommage à la star du cinéma muet, le couturier au teint éternellement hâlé et au brushing figé, est né le 11 mai 1932 à Voghera, une petite ville au sud de Milan, dans une famille bourgeoise.
Très jeune, il réclame des chaussures sur mesure et se passionne pour la mode. « J’ai cette maladie depuis que je suis petit, je n’aime que les belles choses. Je n’aime pas voir des hommes sans cravate, en pull-over, des femmes au maquillage criard et aux pantalons informes. C’est un signe de mauvaise éducation et de manque de respect envers soi-même », a déclaré l’esthète dans le magazine Elle.
Son père, propriétaire d’une entreprise de câbles électriques, le laisse partir à 17 ans pour les Beaux-Arts de Paris et la Chambre syndicale de la couture. Le style d’alors, tout juste revu par Dior, va marquer la future esthétique de Valentino : la femme, la taille sanglée et juchée sur des talons aiguilles, y est fétichisée.
En 1952, il intègre la maison Jean Dessès, qui habille riches clientes et altesses royales, avant de rejoindre Guy Laroche en 1957. « Quand il a décidé de retourner à Rome, je lui ai dit qu’il était fou de quitter la mecque de la mode. Rome n’était rien, c’était la province par comparaison ! », se remémore la styliste Jacqueline de Ribes, citée par la fondation Valentino.
Et pourtant, il y ouvre sa maison en 1960 avec l’aide de Giancarlo Giammetti, son compagnon et partenaire indéfectible jusqu’à sa retraite en 2008. Comme Pierre Bergé avec Yves Saint-Laurent, cet homme d’affaires et de goût saura transformer la maison Valentino en marque internationale au gré de rachats successifs.
« Etre l’ami, l’amant et l’employé de Valentino depuis plus de 45 ans exige beaucoup de patience », confiait-il dans le documentaire « Valentino, le dernier empereur ».
