En février, votre sol cache une banque de graines de mauvaises herbes
Les spécialistes parlent de “banque de graines” pour désigner ce stock enfoui de graines de mauvaises herbes capable de survivre des années sous la terre. Elles restent en dormance tout l’hiver, puis se réveillent dès que lumière et douceur arrivent. Quand on retourne le sol ou qu’on le laisse nu, les rayons du soleil atteignent cette réserve et déclenchent une germination en masse.
Les mauvaises herbes ont tendance à s’installer sur les zones de terre nue bien exposées au soleil ; pour Chris Bonnett, fondateur de GardeningExpress.co.uk, ces surfaces sont un vrai appel d’air. Il conseille de les recouvrir de paillis ou de cultures pour les priver de cet environnement idéal. Mieux vaut aussi éviter de trop creuser, ce qui fait remonter les graines à la surface, et rester léger sur les engrais d’hiver, qui profitent surtout aux indésirables.
Carton et papier journal : le paillage d’hiver qui bloque tout
Pour casser ce cycle, l’horticulteur David Wees le rappelle simplement : “Le carton sert de paillis”, dans des propos rapportés par L’Express. “Il agit comme une barrière contre la lumière et empêche la germination des semences de mauvaises herbes.” Il ajoute : “Beaucoup d’autres matériaux peuvent être utilisés avec le même objectif, comme la paille, les copeaux de bois, les morceaux d’écorces, le plastique ou le papier.” Une étude menée en 2011 dans un verger en Turquie a montré qu’un paillage en carton éliminait 99,66 % des herbes indésirables, contre 90,61 % pour un herbicide au glyphosate.
Concrètement, on commence en février par repérer planches de potager, massifs ou bordures laissés nus, puis on arrache à la main les vivaces tenaces comme le chiendent. Le sol est ensuite couvert de carton brun non plastifié ou de 4 à 6 feuilles de papier journal superposées, en les chevauchant pour qu’aucune terre ne reste visible. On arrose pour que tout colle bien au sol, avant d’ajouter 5 à 10 cm de paille, copeaux, feuilles mortes ou compost, en évitant les magazines glacés qui se décomposent mal. Le jardinier américain Kevin Lee Jacobs assure que “[Le papier journal] fait disparaître instantanément les mauvaises herbes. Et il empêche qu’elles ne réapparaissent pendant toute une saison, voire plus longtemps”, a-t-il expliqué dans des propos rapportés par le site britannique Express.
Quelques gestes en plus pour garder le jardin propre au printemps
Cette barrière reste très efficace sur la plupart des adventices. “Le carton marche très bien pour la plupart des mauvaises herbes”, observe David Wees. Il nuance toutefois : “À l’exception de certaines qui sont vivaces, comme le chiendent ou l’asclépiade, et qui ont de longues racines leur permettant de survivre même sous une couche de carton.” Pour ces coriaces, un arrachage soigneux avant paillage limite les repousses au printemps.
Selon lui, “C’est une méthode qui est très utilisée en agriculture commerciale, surtout chez les producteurs maraîchers qui utilisent plutôt des paillis en plastique”. “Dans les jardins communautaires, c’est carrément de la paille.” Dans un jardin familial, le principe reste le même : couvrir la moindre zone de terre nue et ne pas surdoser les engrais en fin d’hiver. Au fil des semaines, carton et papier se dégradent, nourrissent le sol, maintiennent l’humidité et laissent les massifs presque propres pour la belle saison.

