“Vous nous prenez pour des cons ?” : Le réquisitoire cinglant de Piotr Tolstoï contre la politique d’Emmanuel Macron et l’aveuglement européen

L’Ukraine : Un avant-poste de l’OTAN

Pour la Russie, le conflit en Ukraine n’est pas une guerre contre un pays voisin, mais une confrontation directe avec l’Europe et l’OTAN. Tolstoï martèle que sans l’aide massive des Européens, le conflit se serait achevé depuis deux ans. Il interprète l’histoire récente, de l’Euromaïdan en 2014 aux tentatives d’élargissement de l’OTAN, comme une volonté délibérée de l’Occident de transformer l’Ukraine en une base hostile aux frontières russes.

“On ne veut pas envahir l’Ukraine, on veut neutraliser cette avancée hostile”, précise-t-il. La vision russe de la victoire ne passe pas nécessairement par un défilé militaire à Kiev, mais par une garantie de sécurité absolue : une Ukraine neutre, démilitarisée et libérée de ce qu’il appelle les “formations nationalistes profascistes”. Sur la question des négociations, Tolstoï est catégorique : les appels occidentaux à un cessez-le-feu de 30 jours ne sont qu’une ruse pour permettre à l’armée ukrainienne de se réarmer. Moscou ne négociera que sur la base des réalités du terrain et des accords de sécurité bafoués par le passé.

Une fracture culturelle et historique

Macron vows to serve out presidential mandate despite budget crisis -  France 24

Au-delà de la stratégie militaire, l’entretien révèle un fossé civilisationnel grandissant. Tolstoï évoque une Russie qui renoue avec ses valeurs traditionnelles et qui se réunifie autour de son pouvoir en temps de crise, contrairement aux prévisions des “soviétologues” européens. Il note avec ironie que de nombreux Français, regrettant une “France d’il y a 50 ans”, choisissent aujourd’hui de s’installer en Russie.

Il dénonce également ce qu’il appelle la “russophobie” des élites dirigeantes européennes, qu’il oppose à l’admiration que peut porter Vladimir Poutine au “courage physique” de figures comme Donald Trump. Pour Tolstoï, les dirigeants européens actuels ne sont plus maîtres de leurs décisions, agissant comme des intermédiaires dévoués aux intérêts américains, au détriment de leurs propres citoyens qui subissent l’inflation et la perte d’autonomie.